jeudi 14 février 2013

Chapitre 12 : Le ciel nous tombe sur la tête !

 
    Elle voulait être seule. Mais du salon de Castiel, on entendait ses pleurs. Ambre était blessée, à la fois physiquement, mais surtout mentalement. A priori, Nathaniel se débrouillait toujours pour lui faire du mal loin des regards. Sa dignité de fille la plus populaire de l'école était mise sur la touche. Nous avions tous été témoins. Et nous étions tous impuissants. Elle était installée dans l'une des chambres d'amis de Castiel.
Je passai ma rage dans les coussins de Castiel.
   
" Putain !! Mais quel connard celui-là !!! "
Castiel feignit de ne pas me voir et leva les yeux au ciel.
    " Crois-moi Aya, on ne peut strictement rien faire. Ce mec est un salopard fini. Je l'ai toujours dit ! Mais personne ne m'a cru aussi ! "
Rosalya utilisa cette aubaine pour poser une question directe :
  
" Castiel, pourquoi tu es tellement en conflit avec Nathaniel ? Je te connais depuis 2 ans maintenant. Je t'ai toujours vu vouer une haine farouche envers lui.
   - Ça, ça te regarde pas !!! Arrêtez de vouloir vous mêler des affaires des autres !
"
Ok... Visiblement, il avait du se passer quelque chose entre lui et Nathaniel. Ce n'était pas juste un combat de testostérone. Je décidai d'apaiser les tensions en revenant au sujet principal : comment devions-nous réagir au lycée ?
    " Malheureusement, Nath' a été très clair là-dessus : soit, on fait comme si de rien était. Soit, on le dénonce, mais notre crédibilité étant nulle et les preuves minces - Ambre ne gardera pas ses bleus d'ici lundi- on est coincés.
   - Surtout qu'il n'est pas dit qu'elle voudra retourner à l'école dès lundi...
   - Non, en effet." 

    Ambre se tenait dans l'encadrement de la porte du couloir. Elle se cachait presque derrière, on aurait dit une petite fille. Je ne pus refouler mon instinct et vins à sa rencontre.
   
" Ambre. Ça va mieux ? Tu te sens comment ? "
Je m'étonnais à la fois de lui toucher le front, à la recherche d'un signe de fièvre, et également de la voir fermer les yeux, en signe d'apaisement, au contact de ma main. C'était le monde à l'envers.
   
" Rosa, tu peux préparer un chocolat chaud à notre petite Ambre ? "
Elle ne put réprimer un son rauque, probablement un rire moqueur qu'elle avait tenté d'étouffer.
   
" Ils ont beaux dos les boulets du lycée maintenant, hein ?!
    - Rosa, s'il te plaît, soit gentille... Pense à des moutons... Ou des lapins !
    - Lapiiiiins !!!
"
Trop facile de la mettre en mode Dark Rosa. Elle prépara un chocolat en chantonnant. Ambre était servie comme une princesse, et elle aimait ça. Dajan entama la conversation :
   
" Bien, il va falloir que tu nous expliques maintenant... "
 Ambre releva la tête de sa tasse, les yeux larmoyants comme une enfant.
   
" oh... Il a toujours été comme ça... Depuis tout petit. C'était lui la terreur, hein Castiel ? "
Je me retournai vers Castiel, l'air surpris. L'assemblée en fit autant.
   
" Putain... mais vous pouvez pas me laisser tranquille avec cette foutue histoire...
    - Castiel était... un ange à côté de lui, repris Ambre. Nathaniel a toujours été égal à lui-même. Il a juste eut le déclic de dissimuler son côté sombre. Castiel, tu te souviens de ce jour où tu m'as sauvée ?
    - Pitié, non... pas encore..., supplia ce gros ronchon.
    - Nathaniel avait décapité Summer, ma barbie préférée. poursuivit Ambre, sans prêter attention à ses ruminations. Bien sûr, il avait pris soin de me faire tomber en s'enfuyant. Je me rappelle de son ricanement. Et Castiel, quand tu es arrivé, les mains dans les poches. Ah ! Tu n'as rien dit, évidemment... mais c'est tout toi ça... Oh, mon Castielinou, je te connais mieux que personne...
"
Il fit une grimace, mit son doigt dans sa bouche et fit semblant de vomir.
   
" Tu t'es accroupis, tu as pris la tête de ma pauvre Summer et l'a remise à sa place... Ce jour-là, j'ai su que nous étions faits l'un pour l'autre. "
Elle était complètement partie dans son monde tout rose parsemé de paillettes.
   
" Mais Ambre, ça n'explique pas pourquoi tout d'un coup il a arrêté d'être comme ça, m'exclamai-je, au bord de l'impatience.
     - Oh, ça... "
Son regard croisa celui de Castiel d'un air interdit. Il faut dire qu'il s'était levé d'un bond, ses yeux lançant des éclairs. Il l'a foudroyait littéralement du regard. De lui, émanait une aura démoniaque qui menaçait d'exploser si elle en disait davantage. Elle semblait à la fois effrayée et admirative. Cette cruche était réellement amoureuse de lui. 
    D'un geste violent, il fusa dans sa chambre en lâchant un « je vais me coucher » qui avait tout l'air d'un « et vous feriez mieux d'en faire autant si vous ne voulez pas subir mon courroux dévastateur ».
Un courant d'air glacé semblait parcourir la pièce. Même Demon n'avait pas bougé de son tapis, tremblant de peur face à la colère de son tempétueux maître.
    " Bon, et pour lundi, on fait quoi ? demanda Rosalya.
    - Pour ma part, ce sera sans moi. Je suis trop traumatisée !
" 
Dans un superbe retournement de talons, Ambre s'enfuit dans sa chambre. Je la soupçonnai de jeter un coup d'oeil dans la chambre de Castiel avant mais à en juger par le bruit sourd, elle avait dû être vite renvoyée dans ses 15 mètres.
Je repris la discussion :
   
" Vous faites ce que vous voulez mais moi je vais pas rester tranquillement assise ! "
Mon portable vibra. Un sms : « Moi aussi ». Castiel. Il aurait au moins pu se lever.
Lysandre trancha en disant que chacun ferait comme il l'entendrait au moment voulu, mais qu'il ne fallait pas qu'on s'en veuille les uns les autres si certains privilégiaient leurs études à « une blonde fort peu avantagée d'un point de vue cérébral ». Ce fut donc mécontente que j'allai me coucher cette nuit-là. Les autres avaient également décidé de dormir sur place.

     Le lendemain, lorsque je me réveillai, tout le monde était déjà parti. Castiel essayait d'éjecter Ambre qui minaudait devant sa porte d'entrée. Je vins au secours de Castiel :
    " Retourne chez toi Ambre. C'est pas en restant là que les choses vont s'améliorer...
    - On t'a pas sonné, toi ! me lança-t-elle
    - Ooooh ! Où est passée la petite fille qui buvait son chocolat hier ? Pas bien Ambre ! Vilaine fille ! Raillais-je avant d'ajouter, Tu veux qu'on te raccompagne chez toi ?
"
Elle leva un sourcil dédaigneux à mon égard.
   
" Pfff ! Tu me prends pour qui ?... " 
À la vitesse de Lucky Luke, elle dégaina son téléphone et composa un numéro :
   
" K ? Viens me chercher ! "
Quelques minutes plus tard, un gorille en costard surgissant de nulle part vint frapper à la porte de Castiel pour ramener la princesse dans sa tour d'ivoire.

    Je me retrouvai seule avec Castiel. Totalement seule. Mon cœur battait la chamade. Nous ne nous étions pas retrouvés en tête à tête depuis « l'incident » . Ce genre de situation était trop oppressante pour moi. Castiel rompit ce silence :
   
"  Aya, je...
    - À lundi !
"
Dans un éclair, j'avais pris mon sac et refermé la porte de son immense appartement derrière moi. Je m'allumai une clope. Quelle merde !

    Lundi, en arrivant au lycée, je fus heureuse de constater que Castiel et moi n'étions pas les seuls à vouloir agir. Rosalya avait placardé des affiches partout, scandant à qui voulait bien l'écouter que Nathaniel n'était pas le gentil délégué que tout le monde pensait. Je vins à sa rencontre.
   
" Salut Rosa. Je vois que tu perds pas de temps.
    - Salut Aya ! Oui, moi au moins je ne suis pas cette chiffe molle de Lysandre !
    - Ha ha ha !
"
En me voyant arriver, dess filles m'avaient pointée du doigt, certaines rougissant jusqu'aux oreilles, d'autres hurlant carrément. Il est vrai qu'avec toute cette agitation, j'en avais oublié l'hystérie du concert. Elles hurlèrent davantage en voyant Castiel venir vers nous.
   
" Parfait ! s’exclama Rosalya. Exactement comme je l'avais prévu. Votre « célébrité » va nous être utile ! "
Sans nous demander notre avis, elle nous chargea de tracts à distribuer. Je le sentais vraiment pas, ce coup-là. Et effectivement, après quelques minutes, seulement, de distribution, une sonnerie retentit. La voix mielleuse de Nathaniel se fit entendre :
   
" Rosalya, Castiel et Aya sont attendus dans le bureau de la directrice. Je répète : Rosalya, Castiel et Aya sont attendus dans le bureau de la directrice. "
Je sentais la satisfaction dans son timbre.
   
" Putain !! " pesta Castiel.

     Je pris les devant et me dirigeai vers le bureau de la directrice. Je jetai un rapide coup d'oeil à Castiel et Rosalya et, d'un geste décidé, je frappai à la porte. Nathaniel vint nous ouvrir, un sourire faussement masqué illuminait son visage.
   
" Entrez. La directrice va vous recevoir. "
Elle n'était pas encore là mais nous nous asseyions sur les chaises faces au bureau que nous montraient ce petit crétin. La directrice entra par la porte de derrière, visiblement mécontente. Nathaniel s'apprêtait à partir mais elle l'arrêta d'un geste de la main.
   
" Restez. Je peux comprendre que vous ayiez besoin d'être là.
    - Bien, madame.
"
Et il se transforma en statue. Il était debout, droit comme un piquet, les mains jointes. Cet air faussement calme et contrôlé me révoltait. Mais la directrice commença son sermon.
   
" Une telle attitude est totalement inacceptable ! Même de votre part ! Lancer de telles accusations envers un élève respecté et respectable de notre école !!!! "
Elle ne s'arrêtait plus.
   
" Vous ternissez l'image de cette école !! Vous allez être punis pour que vous preniez conscience que la médisance n'est pas admise dans cet établissement !!! Deux semaines ! Vous serez exclus pendant deux semaines de cette école. En revenant, vous devrez rester chaque soir faire le ménage dans les classes, et ce, pendant toute la semaine de votre retour !
Elle agitait les bras dans tous les sens, risquant de nous emporter dans sa tempête. Ses cheveux étaient en batailles tant elle secouait la tête en signe de désapprobation. Mais on s'en sortait pas trop mal. Dans un courant d'air qui nous fit voler hors de son bureau, elle nous renvoya chez nous.

   
" Pfiou... J'ai cru qu'elle allait jamais s'arrêter ! souffla Rosa, alors que nous quittions le lycée. Enfin, je suis contente, je vais pouvoir passer 2 semaines à la boutique de Leigh ! Et ça me fera un peu plus d'argent !
Nos routes se séparèrent à un croisement un peu plus loin du lycée. Je me retrouvais, donc, à nouveau seule avec Castiel.
   
" Alors, toi aussi tu as besoin de plus d'argent ? "
Je ne répondis pas à sa question. J'essayais de ne pas penser aux pots de peinture et autres meubles qu'il me restait encore à acheter. Ni aux pâtes qui tiraient la gueule dans mon placard. Il posa une main sur ma tête. Je sursautai.
   
" L'appart est vraiment dégeu... J'aurais éventuellement besoin d'une cuisinière...
    - Laisse-moi y penser...
"
Arrivés dans le parc qui séparait nos immeubles, Castiel prit un chemin et moi l'opposé. En rentrant dans mon appartement, quelle vision d'horreur ne s'offrit pas à moi : Une partie du plafond du salon se trouvait être devenue mon plancher. Quelques meubles du voisin du dessus étaient éparpillés dans la pièce. J'en tombais des nues. Un voisin dévala les escaliers pour me retrouver :
   
" Mlle Ôsaki, vous n'avez pas été prévenue ? L'immeuble est en trop mauvais état. Mon plancher s'est écroulé ce matin. Un expert est venu et a jugé inutile de réparer : il a carrément opté pour la destruction et la reconstruction de l'immeuble !! J'espère que vous avez un endroit où dormir. "

    Quelle délicieuse journée pleine de réjouissances ! Aux bords de la crise de nerfs, je sortis mon téléphone. Une demie-heure plus tard, je me retrouvais, bagages en mains à sonner à une porte. Lorsqu'elle s'ouvrit, la voix chantonnante de Castiel me lança :
    "Alors, on a finalement besoin de plus d'argent, Mlle Ôsaki ?"


Voilà pour ce petit chapitre de BL[AS]T qui a tardé à venir (mea culpa !)
Bonne année, tout ça, tout ça (on est en fevrier et alors ? :D )
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?
Bisous  
angelsyouyou 

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